
Je ne me rappelle plus précisément a qu’elle occasion j’ai vu cette photographie pour la première fois. J’ai seulement l’impression de mettre fabriqué un faux souvenir. De l’avoir visualisé, il y a de nombreuses années dans mon manuel d’histoire de terminale dans le chapitre consacré à la guerre froide et à la guerre de Corée.
Cette image est l’illustration parfaite, l’incarnation absolue, de la fracture et des tensions qui règnent sur la ligne de séparation des deux corées résultant de la guerre froide.
Ce dont je me souviens par contre, c’est d’avoir été époustouflé par l’intensité de l’image. D’avoir imaginé qu’elle avait été réalisé par un grand photo-reporter de guerre, un Robert Capa ou un autres de ces grands témoins du XXème siècle travaillant pour les plus prestigieux magazines de news américains.
Note : Directeur de la photographie et directeur artistique KIM Sung Bok

1 | Les règles de composition
Conseil web : le site geometricshots.com
« Au niveau visuel JSA parait très complexe avec ces travellings circulaires qui vont dans tous les sens, l’alternance quasi-systématique entre lignes horizontales et verticales, les plongées et les contre-plongées qui se répondent, les jeux de lumière… Il fallait créer des conflits entres les images. Si un mouvement exprime une séparation, celui d’après doit représenter la réconciliation. La caméra défie la rigidité de l’espace de l’action. Un espace soumis à des règles très strictes, avec cette ligne qui sépare le monde en deux. »
PARK Chan Wook, commentaires du réalisateur sur les bonus du DVD
Un cadre bien délimité qui vous emprisonne
Les lignes directrices qui donne toute sa profondeur à l’image

La volée d’escaliers bordée d’éclairs qui déchirent l’arrière plan et soulignent la tension extrême de la scène.

C’est centré a mort !

Schéma de lumière Rembrandt

Le réalisateur et pionnier du cinéma Cecil B. DeMille est crédité du premier usage du terme
L’utilisation de la réflexion, voulue ou non ?

L’horizontal on se branle !
Le fait que ce ne soit pas tout a fait droit, renforce le caractère documentaire de la scène. On n’a pas utilisé d’upright dans lightroom pour corriger le léger décalage d’horizontal que l’on peut observer sur le mini muret matérialisant la frontière, sur les escaliers et sur la corniche du bâtiment d’arrière plan qui ferme et emprisonne le cadre en haut. Quand on connait le perfectionnisme de PARK Chan Wook dans sa réalisation, il n’est pas permis de douter que ce léger mais notable décalage d’horizontal est voulu.
1 | Attraper le regard





2 | Diriger le regard




Transgresser les lignes

tout se joue autour d’un pont séparant le Nord et le Sud qu’il faut franchir : Le pont de non-retour. Sonnom suggère déjà une transgression, rappelant le « No Trespassing » aux portes du Xanadu de Citizen Kane qui invite insidieusement la caméra toute puissante d’Orson Welles à outrepasser l’interdit. PARK Chan Wook se doit donc aussi d’accomplir une impossible traversée.

Par sa chronologie désarticulée, ses subtiles mais nombreuses utilisation des plongées et contre-plongées, JSA évoque Citizen Kane.

« Le mur est un bornage linéaire. Il est l’une des configurations de l’interdiction, avec une fonction de coupure et de blocage des sorties ou des entrées. C’est une limite fonctionnelle et visuelle, destinée à séparer, un écran noir qui cherche à rendre l’autre invisible : on ne veut pas se voir, on ne veut plus le voir. »
Michel FOUCHER, géographe et diplomate.
Je me souviens d’une publicité pour une compagnie d’assurance chinoise qui jouait avec espièglerie de ce concept de « get out of line », sortir du rang.
Elle avait pour décor une « utopie totalitariste », pardonnez l’expression, qui pourrait évoqué le nord du 38ème parallèle.

3 | S’exprimer par le regard
Dans cette scène le jeu d’acteur de SONG Kang Ho est parfait. Il permet en quelques secondes à l’écran de donner un aperçu de la palette de son immense talent.
Il réussit a alterner par son regard des émotions contradictoire dans un laps de temps incroyablement réduit sans aucunes lourdeurs dans l’interprétation.
La légèreté, le dosage subtil de SONG Kang Ho sont ce qui lui permet d’incarné l’homme du peuple ou le monarque avec autant de crédibilté.
Alors oui je vous bassine peut être de plusieurs article avec cet acteur. Mais très clairement pour moi il n’y a rien de meilleur au cinéma qu’un regard plein cadre de SONG Kang Ho
« La réussite du film tient essentiellement au travail des acteurs. Ce sont eux qui permettent de suggérer et de véhiculer toutes les émotions que je cherchais à transmettre. Sans leur excellence et leur sérieux, mon film n’aurait peut être pas dépassé le niveau de tous ces films « bien construits » qui sont souvent caractérisés par une grande banalité. »
PARK Chan Wook
4 | Le noir et blanc pour documenter

Cette scène m’a fait comprendre l’intérêt du noir et blanc pour documenter et pourtant le paradoxe est évident.
C’est un fake, une construction de carton pâte qui m’a permis de comprendre l’intérêt du noir & blanc pour documenter la réalité.






Pourquoi j’ai toujours différé ma venue à Panmunjeon ?
J’ai déjà à deux reprises l’occasion de me rendre dans la DMZ. Une fois pour aller chercher mon neveu sur sa base alors qu’il effectué son service militaire chez les « Iguizas » (troupes d’élites sud coréennes, habilitées a patrouiller dans la zone démilitarisée) et qu’il bénéficiait d’une permission exceptionnelle de 24H obtenue grâce à la venue de membres de famille résidant à l’étranger.
Une seconde fois, j’ai eu la chance de visiter les installations du rideau de fer accompagné par le mari d’une des meilleurs amies de mon épouse qui est général dans l’armée de terre.
Au delà des colonnes d’Hercule …

Difficile de ne pas ressentir un léger frisson au passage de ce type d’architecture militaire. Difficile de ne pas s’imaginer un instant dans la peau d’un navigateur de l’antiquité ou de la renaissance passant les colonnes d’Hercule.
Les colonnes d’Hercule est le nom donné, dans l’antiquité, aux montagne qui bordent le détroit de Gibraltar. Il s’agit du rocher de Gibraltar au nord, sur la rive européenne, et du Mont Abyle, sur la rive Africaine. Pour les romains, elles symbolisaient la frontière entre le monde civilisé « Mare nostrum » et un au-delà océanique inconnu et dangereux.

Les Colonnes d’Hercule sont les supports des armoiries de l’Espagne. Elles sont utilisées pour la première fois dans les armoiries du roi Charles Ier d’Espagne, aussi empereur des Romains comme Charles V. Elles portent sa devise personnelle Plus ultra, signifiant que les colonnes étaient une porte.

Selon le récit du Timée de Platon, le royaume perdu d’Atlantide était situé au-delà des colonnes d’Héraclès, le plaçant dans le domaine de l’inconnu. Selon une tradition de la Renaissance, les piliers portaient l’avertissement Non plus ultra, servant d’avertissement aux marins et navigateurs de ne pas aller plus loin. La DMZ, la frontière nord coréenne sont une réminiscence moderne de cela.

« Le critère premier d’une Méditerranée est d’être un espace maritime presque clos, cerné par les terres. Les marées y sont souvent insignifiantes, comme en Méditerranée, en Baltique ou en mer du Japon. Les Méditerranées jouent souvent un rôle ambigu : cul-de-sac, refuge, fin du monde (nec plus ultra), ou alors écluse vers un au-delà (plus ultra) aussi craint que désiré. Ce dernier trait explique la frénésie de grands travaux dans les Méditerranées. »
Laurent LADOUCE – Académie de Géopolitique de Paris

Un homme, doux et attentif avec sa famille mais pour qui cette frontière, ce monument.




Un peu plus à l’ouest, il y a une position sud coréenne, sur laquelle le général a essuyé des tirs d’artillerie il y a quelques années. Lors de cette escarmouche, il avait eu deux blessés dans ses rangs.


Comment cette journée c’est finie dans un bain de sang …
Parvenue aujourd’hui au sommet de sa carrière













blbal
Jusqu’à présent j’ai toujours différé ma venue à Panmunjeom. Clairement par peur de ne pas être à la hauteur photographiquement parlant de ce mythe.
Car oui Panmunjeom est un mythe. C’est un vrai paradoxe, à la fois un lieu ou se fait l’histoire, et à la fois une construction médiatique, une mise en scène …
KIM Nyung-Man, l’homme insecte, une autre mythologie de Panmunjeom,


Pourquoi que cette image de KIM Nyung-Man fait date dans la photographie contemporaine coréenne ? Philippe PATAUD CELERIER l’explique sur son blog de manière admirable.
« Soixante-trois ans plus tard la zone démilitarisée est l’une des frontières les plus militarisées au monde. Kim Nyung-man (1949) le rappelle. Brutalement par la photographie de ce militaire observant derrière des jumelles. Ce que l’homme voit nous importe peu mais ce qu’il révèle nous regarde davantage. Une morphologie d’insecte sous sa cuirasse d’ombres. Une symétrie parfaite dans cet immobilisme de phasme. De celle qu’idolâtrent les militaires. Ordre, obéissance, stabilité tout est magnifié dans ce corps fermé. Comme la frontière qu’il protège et qu’il finit par incarner de façon métonymique : la partie pour le tout. Ce militaire est(à) la frontière. Pas seulement. Observez ses deux orbes irradiés, irradiants. Deux lentilles jumelles, pour deux frères jumeaux qui ne peuvent plus se voir ? Fausse illusion d’un parallélisme des formes. La belle harmonie gémellaire révèle moins la complétude de deux entités symétriques que la partition d’un tout : territoire et nation. La division fratricide laboure corps et âme »
philippe pataud célérier
A la lecture de ces quelques lignes, difficile de ne pas évoquer la réponse qu’adresse Park Jong Woo à la photo de Kim Nyung-Man, près de deux décennies plus tard.

La symétrie est parfaite, l’effet de négatif (les zones claires et sombres de l’arrière plan sont parfaitement opposées), la couleur plutôt que le noir et blanc, c’est juste incroyable.
Saluons l’intelligence et la culture du photographe, mais aussi de l’éditeur. Steidl met en couverture cette photo et pas une autre pour pubier la monographie de Park Jong Woo. D’une part, parce que c’est une image forte, mais d’autre car elle répond à la couverture du sublime Contemporary Korean Photography de son rival Hatje Cantz.
Après la question qu’on est droit de se poser, c’est pourquoi les éditeurs allemands sont fascinés par cette esthétique de Vopos ? Peut être une certaine expérience de l’expression « rideau fer ».

L’intelligence de Park Joon Woo est d’envoyer une réponse, une continuation, un approfondissement, plus que de tomber dans le piège de ce qui a déjà été fait. L’histoire de la photographie et de l’art en général est rempli d’exemple fascinant de peintres, de photographes ayant poursuit le chemin de leurs aînés. A cet égard, il est intéressant de s’attarder sur une oeuvre de Picasso, Massacre en Corée.
Massacre en corée, guernica coréen

Au printemps-été 2019, le Musée de l’Armée présentait une exposition qui abordait la façon dont les conflits majeurs du XXe siècle ont impacté l’art de Picasso. Témoin des événements tragiques qui ont marqué notre histoire, le peintre espagnol n’a cessé de vouloir dénoncer les horreurs commises par toute forme de fascisme dans ses œuvres, dont son célèbre Massacre en Corée, peint en 1951.Pour réaliser cette toile, Picasso s’inspire de la Guerre de Corée, et plus précisément du massacre du pont No Gun Ri en 1950 où 400 civils furent tués par les soldats américains. Cette toile est une référence directe à la célèbre toile de Goya Tres de Mayo dans laquelle l’artiste dénonçait la répression sanglante des troupes napoléoniennes contre les civils espagnols.

C’est une reprise d’un tableau de Francisco de Goya, Tres de Mayo (conservé au musée du Prado de Madrid) qui présentait les troupes françaises de Napoléon 1er fusillant des civils en Espagne, sous les ordres de Joachim Murat, et aussi d’un tableau de Manet, L’Exécution de Maximilien.

Étant lui-même d’origine hispanique, il n’est pas étonnant que le maître cubiste s’en soit inspiré pour créer son œuvre. Avec ce tableau, Picasso réalise un véritable manifeste contre la guerre et les massacres qui l’accompagnent, à l’image de Guernica qu’il peint quelques années auparavant en 1937. En relatant un épisode réel, tout en peignant un paysage et des personnages non identifiables, Picasso réalise un tableau universel illustrant n’importe quelle scène de massacre, dans n’importe quelle région du monde.
Je vous soumets une réflexion personnelle au sujet de Massacre en Corée, à ma connaissance jamais encore soulevée par les historiens de l’art. La montagne d’arrière plan, la présence de deux traits barrant l’a pic de la falaise et la forme de la rivière scindant le tableau en deux, ne peuvent elles pas laissées penser à une référence au rocher de Gibraltar, aux colonnes d’Hercule et au ruban « plus ultra » enserrant les colonnes d’Hercule, du blason de l’Espagne. Je vous laisse vous faire votre propre avis sur la question. Un check google images de la forme du rocher de Gibraltar, vous aidera peut être a vous dire que « la question, elle est vite répondu ! » pour citer un autre artiste.

Face à la « propagande communiste » soutenue par Picasso, les autorités de Corée du Sud accusent le Nord de perpétrer des massacres et de bafouer les droits de l’homme des populations civiles. Une affiche de propagande sud-coréenne reprend à son compte le célèbre tableau de Eugène Delacroix à la gloire de la Révolution des 3 Glorieuses de juillet 1830 à Paris qui renversa Charles X et amena sur le trône Louis Philippe « le Roi- bourgeois ». Mais l’affichiste sud coréen juge opportun de compléter sa composition par un autre référence à Delacroix – perçu comme le peintre du combat pour la liberté – : en bas de l’affiche à droite, l’enfant tétant le sein de la femme morte du tableau « Scènes du Massacre de Scio ».

La Liberté guidant le peuple est une huile sur toile d’Eugène Delacroix réalisée en 1830, inspirée de la révolution des Trois Glorieuses. Présenté au public au Salon de Paris de 1831 sous le titre Scènes de barricadesnote 1, le tableau est ensuite exposé au musée du Luxembourg à partir de 1863 puis transféré au musée du Louvre en 1874 où il fut l’un des plus fréquentés1. En 2013, il est la pièce majeure de l’exposition La Galerie du temps au Louvre-Lens.
Par son aspect allégorique et sa portée politique, l’œuvre a été fréquemment choisie comme symbole de la République française ou de la démocratie.


La culture coréenne, la pudeur, … n’étant pas la même qu’en France, ici l’allégorie est gentiment rhabiller par un heureux mouvement du drapé de la robe. Il n’y aura point de nibard gate ! Le gavroche et les partisans sont incarnés par des GI aux allures de zombies. Là ou dans La Liberté guidant le peuple, un ouvrier ou un paysan blessé, foulard noué sur la tête, émerge des décombres, le corps et le regard tendus vers la femme, dans l’affiche sud coréenne, celui ci fait face au spectateur avec un faux air de John Rambo. Le sabre qui émerge de la fumée chez Delacroix est ici remplacé par le canon d’un char, un peu d’efficacité ne peut pas faire de mal !
Mais l’affichiste sud coréen juge opportun de compléter sa composition par un autre référence à Delacroix – perçu comme le peintre du combat pour la liberté – : en bas de l’affiche à droite, l’enfant tétant le sein de la femme morte du tableau « Scènes du Massacre de Scio ».



Quand on fait de telle photo de poule, on ne peut pas être un mauvais photographe !

Pourquoi je trouve cette photographie absolument géniale ?
Premièrement parce c’est une photo de poule :
C’est le photographe franco-iranien ABBAS qui défini pour moi le mieux la règle du game du jeu de la poule.
« La poule que je veux photographier sous un arbre, en hommage à Edouard Boubat ? Mais cette poule là n’est pas d’humeur à collaborer : elle refuse de faire les 20 cm qui me permettraient de faire le cliché parfait. Ou vais-je retenir ma photo de l’essaim de poules blanches attachées à une moto en hommage à Graciela Iturbide ? Quien sabe ? Qui sait ? »
ABBAS, Les dieux que j’ai croisés, voyages parmi les hindous


A titre personnel, je considère qu’avoir réalisé et présenté dans son portfolio une bonne photo de poule, est un accomplissement indispensable pour tout photographe. Je n’ai pas encore de photo de poule satisfaisante, je ne manque jamais une occasion de déclencher en présence d’une scène d’intérêt avec un gallinacé. Ainsi, je poursuis tranquillement mais inlassablement ma quête.
Dans l’histoire de la photographie contemporaine, se sont effectivement surtout la poule d’Edouard Boubat et celles de Graciela Iturbide, rapportées notamment par le travail d’édition de Xavier Barral qui font dates.



Mais le sujet est bien vaste qu’il n’y parait.
Ainsi, des poules de rue ou de rituel, que l’on retrouve fréquemment dans la photographie africaine ou sud américaine, aux poules de luxe, shootées tels des top model par les photographes Moreno Monti et Matteo Tranchellin, le gallinacé sous des fonctions multiples, diverses et souvent antinomiques; d’aliment ancien et moderne, familier et d’ailleurs, comme marqueur de la ruralité, de cocasserie et de peur, aide souvent le photographe aussi bien a décrire le réel qu’a suggérer une autre réalité.



Deuxièmement parce qu’elle dit énormément de la Corée à une certaine époque :

Les textures, celles du chandail, des cheveux, du sac de toile, du plumage, du champs, donnent une consistance incroyable à une composition sans failles. Les lignes directrices, que ce soit la courbe de la route, les rangs du champ, les ombres des arbres qui prolongent les ailes du gallinacé, tout est déjà très fort. Et puis, il y a le punctum, de ce taxi qui file dans la campagne, sur cette piste poussiéreuse. Ne nous y trompons pas, au delà des textures, de lumière et de la composition parfaitement maîtrisées, c’est bien ce taxi qui fait de cette image une photo. C’est la rencontre, ou plutôt le frôlement de deux mondes qui ne sont pas fait pour se croiser. Celui de la ville, son rythme effréné, soulevant une tornade de poussière dès qu’il sort du bitume pour lequel il fait et celui des champs, ou l’on va encore dans les années 80 au rythme de la marche.
Le film Taxi Driver, peut aider a comprendre cette intensité que je ressens à la lecture de cette photographie.


Ce film, les événements qu’il relate font sens. Le soulèvement de Gwangju est incontestablement le début de quelque chose. Le chemin de la démocratisation.
Historiquement il est perçu par les histoiriens comme le Tien’anmen coréen. C’est l’image qu’en retient Badiucao.



Badiucao, est un artiste dissident chinois vivant en Australie.
C’est un artiste terriblement WTF, considéré comme le « Banksy chinois » influence de Shepard Fairey aka Obey Giant
Ah oui et aussi le détail qui tue, le côté prémonitoire du film JSA, la casquette rouge.
Comment conclure cette analyse de cette photographie, de cette scène finale de PARK Chan Wook sans souligner la coïncidence troublante, prémonitoire induite par la casquette ramassée et tendue par SONG Kang-Ho.
Pourquoi avoir choisi une casquette rouge ? La beaufitude du touriste, l’étoile rouge, l’annonce du passage de la couleur au noir et blanc, le rouge et noir, sa symbolique, …
Dans cette main tendue au dessus de la frontière, cet acte transgressif que la pellicule veut saisir il y a peut être plus encore que ce qui parait. Comme un sorte de prémonition, un signe annonciateur, un espoir, un défi, un l’on ne sait quoi, qui fait que Panmunjeom est qu’on le veuille ou non le lieu ou s’est écrit l’histoire et ou s’écrira l’histoire de la Corée.
Chenapan que je suis. Je ne peux ainsi pas s’empêcher de faire cette ultime juxtaposition d’images sorties de leur contexte, un champ / contre champ d’images construites artificiellement. Certain diront qu’il s’agit d’une transgression de la réalité, mais n’oublions pas que tout ceci est depuis le début un fake, du carton pâte, du cinéma. Cette photographie depuis le premier instant dans laquelle elle entrée dans mon regard ne cesse de questionner sur la réalité en photographie. J’y ai trouvé pour moi, l’essence même de ce questionnement.
La réponse à ce geste, qui est la seule parole de la scène, le « merci » en coréen avec un accent bien dégueu est tout aussi délectable.


Un avis sur « Une Masterclass de composition (nec) plus ultra, par PARK Chan Wook »