HAN Youngsoo, HCBC

Cet article même si il peut être lu indépendamment est la suite logique de l’article In kimchi we trust – Avant propos, c’est pourquoi je vous recommande de lire cet article avant celui-ci

A une lettre près, on aurait pu croire que j’allais vous parler un obscur dirigeant d’une célèbre banque d’extrême orient connue pour ses pratiques plus que douteuses, et qui est par ailleurs, notons-le au passage, un important acteur du mécénat de la photographie. Petit aparté, si ça vous intéresse dans connaitre un plus sur le sujet, je vous conseille le documentaire d’Arte sur cette fameuse banque et l’ouvrage Les Paradis de Paolo Woods et du photographe Gabriele Galimberti.

YouTube | ARTE – HSBC, Les gangsters de la finance
Les Paradis de Paolo Woods et Gabriele Galimberti

Au passage, Gabriele Galimberti doit être amateur de photographie coréenne, je dis ça, je dis rien !

Gabriele Galimberi – Série Toy Stories (2014)
Yoon JeongMee – The Pink & Blue project (2006)

Mais, non, HAN Young Soo est à mon sens le Henri Cartier Bresson Coréen

Né dans une famille aisée de Kaesong, actuellement ville nord-coréenne frontalière avec la Corée du sud, en 1933, Han Youngsoo a étudié le dessin et la peinture durant sa jeunesse et s’est mis à la photographie par passion.

Dans un important nombre de photographie de Han Youngsoo on peut retrouver cette influence de la peinture classique, aussi bien occidentale que coréenne, à l’image de sa fascination pour les paysages urbains et les rives du fleuve han sous la neige qui évoquent les tableaux du grand maître flamand du XIVème siècle Pieter Brueghel l’Ancien.

HAN Youngsoo Seoul, Modern times P. 149
Pieter Brueghel l’Ancien – Les chasseurs dans la neige – 1565

Plus tard dans sa carrière, ses photographies de paysages de son livre « nature of korea » auront parfois un style proche des estampes coréennes classiques de l’époque Joeson

HAN Youngsoo – nature of korea 
Jeong Seon – Clearing After Rain in Mt. In wang. 1751. Hanging scroll, ink on paper. 79.2 x 138.2 cm. Ho-Am Museum, Yongin
HAN Youngsoo – nature of korea

Le traumatisme de la guerre

Après avoir pris part à des affrontements acharnés en tant que jeune soldat sud-coréen pendant la guerre de Corée (1950-1953), Han Youngsoo rentre à Séoul à la fin du conflit et découvre une ville dévastée et appauvrie.

« Personnes en période de convalescence

 

La guerre avait emporté beaucoup de choses. Non seulement il avait piétiné sans pitié nos chères familles et nos voisins, mais aussi leur bonheur, leur espoir et, plus encore, l’humanité elle-même. Comme si cela ne suffisait pas, à la fin, il avait complètement détruit tout ce qui se présentait sur la terre, laissant derrière lui ruines, désespoir, famine et chagrin.

L’avènement soudain du 38e parallèle a mis en péril le bonheur éphémère de l’indépendance nationale et a ainsi ouvert la voie aux tragiques années cinquante. Au plus fort de la guerre de Corée, je traversais la ligne de front en tant que soldat confronté à cette tragédie et assistais à d’innombrables scènes qui me rendaient furieux. »

 

HAN Youngsoo – Life

Lee Jung-seop (1916-1956). Bœuf blanc (1954)

Pour les artistes coréens de l’après-guerre, la peinture figurative se renouvelle avec cette génération. Le célèbre Bœuf blanc (1954) du peintre expressionniste Lee Jung Seob, terriblement amaigri est à l’image du pays, de ses habitants et de cet artiste qui ne parvient pas à s’arracher à la misère. 

Lee Jung Seop, artiste favori des coréens, l’un des peintres les plus représentatif de l’art moderne coréen
Lee Jung-Seop travaillant en 1954 à l’organisation d’une exposition à quatre devant se tenir à Tongyeong.

Lee Jung-seop est un artiste qui reste dans la mémoire des habitants du pays du Matin clame, plus de cinq décennies après sa mort. Ses œuvres de la série bœuf et de la série famille sont très célèbres et reconnues pour leurs grandes valeurs artistiques et historiques. Ses peintures sont surtout appréciées car elles représentent l’esprit des coréens qui vécurent une période de bouleversements pendant la première moitié du 20ème siècle : de l’occupation japonaise à la tragique guerre entre les deux Corées. Elles incarnent aussi les passions artistiques et la nostalgie de la famille de Lee, c’est pourquoi aujourd’hui sa vie elle même est considérée comme une œuvre d’art.

Eunjihwa – Lee Jung Seop

Les coréens disent de lui, il vécut dans la misère et la souffrance durant toute sa vie, mais ses œuvres réconfortent nos cœurs. 

Né en 1916 dans la province du Pyengan, actuellement en Corée du Nord. Dans sa jeunesse, visitant les tombeaux de Goguryeo, il est séduit par la vivacité et le dynamisme des peintures sur les parois. C’est une révélation pour lui, il commence à s’intéresser à l’art.

En 1935 parti poursuivre ses études à Tokyo à l’Académie impériale des Beaux-Arts puis à la prestigieuse école d’art Bunka Gaken, il créé et développe son style grâce à son dessin au trait puissant. Il y rencontre Yamamoto Masako, sa future épouse.

Lee Jung Seob – Trois enfants jouant avec un poisson (années 1950), huile sur papier, 27 x 36,4 cm.

Il reçut de nombreuses critiques élogieuses dès qu’il débuta sa carrière artistique en remportant notamment le Prix Soleil du concours organisé par l’Association des artistes japonais.

Les tribulations se succèdent

En 1944, Lee Jung-seop retourna en Corée, avec son diplôme en poche. Il se maria à Masako l’année suivante et, un an plus tard, leur premier bébé naissait. Mais leur bonheur ne dura pas longtemps. L’enfant mourut bientôt de la diphtérie. 

Lee éprouvait du mal à résister au choc de la mort soudaine de son enfant. Pour consoler son cœur brisé, il se consacra entièrement à ses travaux. C’est ainsi que vit le jour le tableau « L’enfant qui vole avec une étoile blanche dans les bras », présenté en 1947 à l’exposition spéciale qui célébra la libération.

Lee Jung Seob. Musée National d’Art Moderne et Contemporain, Seoul.

Mais la guerre de Corée qui éclata trois ans plus tard bouleversa sa vie à nouveau. Lee qui devait se déplacer constamment vers le Sud afin de trouver refuge ne put pas s’empêcher d’envoyer sa femme et ses deux fils au Japon en 1952 en raison de difficultés financières extrêmes. L’année suivante, après de courtes retrouvailles de cinq jours à Tokyo, il se sépara de sa famille pour de bon. Afin d’oublier le chagrin de ces adieux déchirants, il se replongea dans l’art. 

Lee Jung-seop qui portait la mer sur la tête

« Lorsque je l’ai vu à Gwangbok-dong, Lee Jung-seop portait la mer sur la tête.
Tout excité à l’idée de revoir sa femme, il semblait s’estomper dans un bleu plus foncé que l’océan. » – KIM Chun-su

LEE Gap Chul – « Rêvant de délivrance », Gyeongju, 1993
Désolé, je n’ai pas pu résister ! C’est sans rapport direct avec cet article, mais bon, elle colle bien à la citation qui la précède.

Note pour plus tard | Si un jour j’ai bonheur de rencontrer Lee Gap Chul, l’une de mes idoles en photographie, il faudra vraiment lui demander si cette image lui évoque également ce poème de Kim Chun Su.

Comme il est décrit dans le poème de Kim Chun-su « Lee Jung-seop tel que je le connais », Lee rêvait toujours de se réunir avec sa famille. Quand il n’avait pas les moyens de se procurer du papier à dessiner, il travaillait en grattant avec un poinçon le papier aluminium contenu dans les paquets de cigarettes.

Lee Jung Seob – Deux enfants (années 1950), peinture sur feuille d’aluminium, 8,5 x 15,5 cm Procédé caractéristique de l’artiste, la peinture sur feuille d’aluminium rappelle les incrustations du céladon de Goryeo ou les oeuvres en métal.

Il peignit sa propre figure conduisant une charrette dans laquelle sa femme et ses enfants étaient montés. Il extériorisa ainsi sa tristesse et sa nostalgie.

Lee Jung Seob – Famille sur la route (1954), huile sur papier, 29,5 x 64,5 cm
La représentation de cette famille partant aux premières lueurs du jour traduit les sentiments du peintre qui aspire à revoir les siens.

À travers la série de bœufs, dont le fameux « Bœuf blanc », il essaya de réconforter les Coréens qui subissaient les vicissitudes et les malheurs de la guerre. 

Lee Jung Seob – Le taureau (1953-54), huile sur papier, 32,3 x 49,5 cm
Cette oeuvre figure parmi les plus remarquables de la série des taureaux.

Bien que Lee produisît des œuvres exceptionnelles malgré la pauvreté et la solitude, sa situation financière ne s’améliora pas. En 1955, il tint sa dernière exposition individuelle dans le but de réunir de quoi payer les frais de voyages pour aller voir sa famille au Japon. En dépit d’un grand succès, les collectionneurs ne le payaient pas correctement. Son rêve fut brisé.

Lee Jung Seob – Enfants sur le rivage, Musée National d’Art Moderne et Contemporain, Seoul.

Plus sollicité après sa mort qu’à son vivant

Un an après l’exposition, Lee Jung-seop fut victime d’une dépression nerveuse, de malnutrition sévère et d’une cirrhose. En 1956, il mourut à Séoul à l’âge de 40 ans. Avec une exposition posthume en 1957, ses œuvres commencèrent finalement à attirer l’attention du public. Grâce à Arthur McTaggart, le directeur du Centre culturel américain à Daegu à l’époque, un de ses tableaux fit partie de la collection permanente du Museum of Modern Art à New York.

Han Youngsoo, lui surmontera le traumatisme de la guerre en se montrant émerveillé par la vie qui reprend racines sur les ruines du conflit.

« J’ai quitté l’armée avec ces horribles souvenirs intacts et je me suis retrouvé au milieu d’une vie qui portait encore des traces de suie de la guerre. Mais ce qui était encore plus surprenant et stupéfiant en même temps, c’était peut-être le fait ordinaire que «les gens vivaient». Bien qu’un sentiment de futilité, de tristesse, de choc et de désespoir persiste, les gens s’enracinaient sur le terrain pour tenter de trouver leur place dans ce monde.

Bien que luttant contre les conséquences multiples de la guerre de Corée, les années 1950 ont été une période de reprise. J’ai pu retrouver espoir en regardant les villes et les communautés rurales en train de se reconstruire, animant les marchés et dans les yeux étincelants des enfants le rire que j’avais oublié. Lentement mais régulièrement, je retrouvais ma propre humanité.»

HAN Youngsoo – Life

Han Youngsoo
Portrait par le photographe Chung Bum-Tai 1958

Ses photographies racontent cette histoire en offrant une fenêtre fascinante sur la vie quotidienne des hommes, femmes et enfants ordinaires de la ville.

Bien qu’il n’ait pas oublié la survivance des coutumes et l’architecture du vieux Séoul, Han Youngsoo propose une photographie qui documente une société coréenne résolument tournée vers la modernité. Il y a dans son travail, une vue remarquable sur les collines en terrasses surpeuplées avec des habitations traditionnelles au toit de tuiles

Han Youngsoo, Hongje-dong, Seoul, Korea, 1956-63

La colline de Hongje dong de Han Youngsoo, c’est la Serra Pelada de Salgado en négatif,

le tas plutôt que le trou !

Sebastio Salgado – Gold, 1986

C’est le point de départ du film publicitaire de Hyundai, c’est le point de départ de la photographie de HAN Youngsoo

Rencontre |

J’ai eu en février 2020 l’occasion de rencontrer Sebastiao Salgado, lors d’une séance de dédicace organisée à la Fnac Lyon Bellecour dans le cadre de l’inauguration de son exposition Genesis à la sucrière à Lyon, je n’ai pas pu me retenir de lui poser la question sur ce qu’il pensait de mon idée à ce sujet. malheureusement, il m’a confié me jamais avoir vu la publicité de Hyundai et il n’est donc en mesure de répondre si de son point vue la scène final doit être vu un forme d’hommage a son travail de Gold sur la serra pelada.

L’émergence de la photographie réaliste coréenne

En choisissant la photographie comme profession, HAN Youngsoo a assisté à une période de profonde transformation à Séoul, marquée par la création rapide d’une ville et d’une société urbaine moderne. Ses photographies, rarement vues en dehors de la Corée jusqu’à présent, offrent une fenêtre fascinante sur la vie quotidienne changeante des habitants de la ville au cours d’un moment historique.

D’un point de vue actuel, ses photographies sont une surprise. Avec leur impeccable composition, un timing parfait et une attention scrupuleuse aux détails sociaux, il fait dire à Christopher Phillips, critique d’art, curateur indépendant et professeur au département de photographie et d’images de la Tish School of the Arts de New York, qu’il

Han Youngsoo « est un cousin coréen éloigné des premiers photographes de Magnum comme Henri Cartier-Bresson, David Seymour (Chim) et Marc Riboud »

Christopher Phillips

SI l’image de la photographie humaniste occidentale nous vient si facilement à la vue des photographies de Han Youngsoo et de ses contemporains, c’est aussi parce que cette époque est celle de l’émergence d’une nouvelle photographie coréenne.

« En regardant les trente années que j’ai passées à capturer une ère de bouleversements, peut-être que la seule chose qui me restait était la passion, et aujourd’hui, j’ai un livre. Je réalise maintenant que c’est ce qui m’a conduit à une vie de photographie dans laquelle j’ai progressivement ouvert mes yeux à la photographie et aux merveilles de la vie elle-même.

La Corée et ses habitants ont connu une croissance massive en trois décennies. La rétrospection par temps froid peut être pénible, mais ne peut-on pas convenir que le passé est la mère d’aujourd’hui ? »

Han Youngsoo

Avec cette citation de Han Youngsoo, la boucle est bouclée, on n’est pas loin du slogan de Hyundai “le progrès n’arrive pas par chance, il est façonné par son histoire”.

Ces deux citations constituent un appel a se replonger dans le passé et les origines de la photographie coréenne pour mieux comprendre la photographie contemporaine coréenne.

Comme l’évoque Chang Jae Lee, curateur de l’exposition Traces of Life, donnée à la Korean Society de New York en 2012, dans son ouvrage Traces of Life : Seen throug Korean Eyes, 1945-1992. La photographie coréenne jusqu’au années 50, c’est uniquement la photographie des rois, des dirigeants politiques, coloniaux, des héros militaires, …

S. M. L’Empereur de Corée., 1900

La photographie est arrivée en Corée par l’intermédiaire de missionnaires et d’autres voyageurs occidentaux (Collection Georges BIGOT). Elle a ensuite été utilisée par les japonnais comme un outil politique étroitement contrôlé au cours de la période coloniale en Corée.

Porte de Sungnyemun (Namdaemun), prise par le gouverneur général de Joseon, l’administration coloniale du Japon en Corée de 1910 à 1945. – Musée National de Corée

La représentation photographique de la Corée et de son peuple avant 1945 était ainsi définie par une perspective externe, quand bien même elle était à l’origine de photographes coréens.

Maître d’école., 1900

Dans l’environnement géo politiquement et politiquement chargé de la Corée de l’après libération, le passage à la représentation de soi par les photographes coréens a été marqué stylistiquement par l’adoption du « Réalisme de la vie ». Pour Sun Il, curateur du au Musée de l’Université Nationale de Séoul, ce changement signifiait que « les coréens pouvaient enfin se voir de leur propre point de vue ».

Limb Eung Sik, Job Hunting, 1953

Sun Il situe le point de départ de la photographie coréenne moderne dans le plaidoyer en faveur du « réalisme de la vie » de Lim Eungshik. Ce changement de style a distingué ces photographes du « style Salon » populaire pendant l’occupation coloniale et a caractérisé leur travail comme étant spécifiquement coréen.

De l’influence de The Family of Man sur la photographie coréenne

Un mode réaliste était depuis quelque temps le mode dominant de la photographie occidentale, culminant avec l’exposition The Family of Man. Ce qui fait du « réalisme de la vie » le point de départ de la photographie coréenne moderne plutôt qu’un singe de la photographie occidentale n’est pas tant stylistique que politique. Défendre et se consacrer à ce style par opposition à celui des générations précédentes qui travaillaient sous le régime colonial devait être lu comme un ace politique même si leurs photographies étaient pour la plupart apolitiques.

A ce stade on va regarder calmement ce qu’en dit « Barbar sur une télé 3D Phillips », Kamoulox ! (Vous comprendrez plus tard)

Pourquoi ? Parce que !
Korea – The impact of war in Photographs, la Corée réduite à la vision occidentale

Avant de se plonger sur la question de savoir qu’elle influence ou non a eu l’exposition The Family of man sur la photographie coréenne, il est intéressant de jeter un coup d’œil à une autre exposition, moins connue, mais commise également par Edward Steichen, himself. Cette expo c’est Korea – The impact of war in Phtotographs.

A cette époque l’US Army est en P.L.S sur le front de la guerre de Corée. En janvier 1951, Séoul vient d’être reprise par les troupes nord coréennes et leur alliés chinois. « les forces  de la liberté » sont sur le reculoir face à la « pourriture communiste » (NDL : Désolé, mais ça fait toujours du bien de caser des citations de la cité de la peur des Nuls). 

Extrait La cité de la peur – Les Nuls, Meurs pourriture communiste !
J’ai toujours pensé qu’un dessin valait mieux qu’un long discours. Je suis amateur de cartographie tout autant que de photographie. Voilà donc une très bonne carte pour décrire le contexte historique de la guerre de Corée.
Source : Le Monde

Douglas Mac Arthur (qui est avec Eisenhower, Montgomery et Joukov probablement l’un des plus grands stratège militaires qui permirent aux Alliés de remporter la victoire sur le Nazisme et l’Impérialisme japonnais), est sur le point de péter une durite et d’être débarqué in extrémiste avant qu’il n’atomise la Mandchourie, la Corée du Nord, la Chine et pourquoi pas l’URSS et provoque un apocalypse nucléaire global, Stanley Kubrick s’en inspirera pour son Dr Folamour.

Dr Folamour – Stanley Kubrick

Durant la seconde guerre mondiale, Edward Steichen a servi en tant que chef du service photographique de la Navy américaine et il a aussi organisé deux grandes et populaires expositions créés pour remonter le moral des troupes : Road to Victory in 1942 et Power in the Pacific en 1945 (PDF du catalogue de l’expo disponible sur le site du MOMA).

Edward Steichen, Exposition Road to Victory, MOMA, 1942

Ses états de services, le fait qu’il soit l’un des photographes américains les plus renommé du début du XXème siècle et qu’il soit devenu chroniqueur de la vie artistique et des affaires des élites américaines, lui permettent en 1947 de prendre la direction du département de photographie du MOMA. Il le restera jusqu’en 1962.

En 1951 Steichen organise donc sa troisième exposition au MOMA consacré au combat, Korea – the Impact of War in Photographs. Il espère que montrer ces images du conflit, permettra aux spectateurs de détester la guerre.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

Cette exposition proposée au MOMA de New York du 13 février au 22 avril 1951 a eu pour projet de montrer l’impact de la guerre en Corée au travers de plus d’une centaine de tirage de 25 photographes issus aussi bien de la presse magasine comme Life Magazine, d’agences de presse comme comme Associated Press, Acme, International News Photos, mais aussi des forces armées américaines.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

Passage en revue des troupes par une galerie de portraits, présentation un brin caricaturale des coréens avec dixit la checklist de l’exposition (disponible ici) un garçon coréen, Syngnan Rhee (Le dirigeant sud coréen), un vieux coréen à la pipe, un vieux coréen au chapeau, on est là toujours dans la représentation externe des coréens tel qu’elle préexiste jusqu’alors.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

On note la présence d’un nombre important de photographies de Carl Mydans, photo reporter du magazine Life.

Carl Mydans – How to win friends and influence people – The LOLLYPOP PLAN

On passera sur le recadrage effectué à la sauvage par Stienchen, qui flingue bien la composition de Mydans. Le sujet (la sucette) n’est plus centrée au milieux des deux formes arrondies (le volant et la roue de secours), le symbole phallique peut être un peu trop évident est dégagé en touche par le puritanisme de Steinchen.

Cette image de Mydans et son titre seront fréquemment reprise comme illustration du « Soft power » de « l’impérialisme US.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951
Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

Du tapis de bombes en veux tu en voilà, … Des villes en ruines, des silhouettes non identifiables de civils fuyant les combats. Les photographes de l’air Force vont a l’essentiel.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

De artillerie lourde, des armes technologiques de pointes, l’hélicoptère dans les années 50 est un moyen tactique vraiment nouveau, une réunion au sommet autour du plan de bataille des représentants des quatre armes de l’armée américaine, l’air force, l’armée de terre, les marines et la navy, bref une cimaise bien « corporate ».

David Douglas Dunan, ou la photographie 3D comme essence de cette expo

Indubitablement, l’intérêt majeur de l’exposition de Steinchen réside dans la force des images capturées par le photographe aux 3 D, David Douglas Duncan.

Le travail de Duncan en Corée est décrit ainsi par Steinchen.

« la marée la plus élevée que la photographie de combat ait atteinte »

Edward Steinchen

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

Pour découvrir la carrière photographique de David Douglas Duncan, je vous recommande la très bonne vidéo de la super chaîne Youtube Photo Synthèse.

David Douglas Duncan, Photo Synthèse
LIFE photographer David Douglas Duncan in Korea.
David Douglas Duncan Life Magazine

« Monter quelque chose de ce qu’un homme endure lorsque son pays décide d’aller en guerre »

David Douglas DUNCAN – This is War, 1951

Première édition de l’ouvrage « This is war! » de David Douglas Duncan, 1951

Le livre se divise en trois chapitres. Chacun est consacré à un problème spécifique posé par le combat militaire : pour le premier, il s’agit de l’assaut d’une colline ; pour le deuxième, de la prise d’une ville ; pour le troisième, d’une retraite.

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951
Marine Capt. Francis “Ike” Fenton pondered his fate and the fate of his men after being told that his company was nearly out of ammunition, Korea, 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine

Bon, on en parle, ou pas ! Mais pourquoi donc Steinchen a recadrer (voir la mise en situation dans l’exposition du MOMA sur l’image du dessus) l’une des plus grande photographie de guerre de David Douglas Duncan ?

C’est un putain de massacre auquel il s’est livré. Il a foutu en l’air toute la composition que Duncan s’était évertué a créer avec la découpe du cadre en diagonale entre masse sombre et claire et la colonne de soldats qui part sur l’arrière plan en s’enroulant sur elle même quasiment en suite de Fibonacci. C’est du sabotage !

A wounded American Marine was carried on stretcher improvised from a machine gun, Korea 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine

Un an après le début de la guerre de Corée, il publie « This is war! » en 1951, compilation de ses reportages pour le magazine Life. C’est un choc. Jamais en plein conflit, on avait montré et décrit la réalité d’une guerre de cette façon. Combattants hagards, cadavres, soldats endurcis en larmes, l’ancien combattant est comme son confrère et ami Robert Capa au plus près de l’action. Il n’aura de cesse de dire sa révolte au gré de ses livres:  « I Protest » (Je proteste) et « War Without Heroes » (La guerre sans héros) sur la guerre du Vietnam.

Tout en rappelant la violence indicible et la privation rongeante de ces années, Duncan tient à féliciter les alliés sud-coréens des Américains.

« La chose qui me vient à l’esprit tout de suite, en ce moment, quand on regarde à nouveau ces photos, c’est qu’à aucun moment, aucun marines n’a senti qu’il devait regarder autour de lui pour voir ce que faisaient les Sud-Coréens. derrière lui. Les Marines en Corée n’ont jamais craint de «tirs amis» ou d’artillerie venant des Sud-Coréens de leurs alliés comme ils l’ont fait plus tard au Vietnam, se battant avec les Sud-Vietnamiens. On pouvait faire confiance aux Coréens. »

David Douglas Duncan

“This,” Duncan told LIFE.com of a picture made during the fight for Seoul, “is the best picture I made in Korea of civilians—a family running down stairs, a father holding a baby, tanks firing away. Those tanks are taking fire from North Koreans right down the street!”
David Douglas Duncan Life Magazine

Le deuxième chapitre du livre This is War ! de David Douglas Duncan, n’est pas présenté dans l’exposition Korea : The Impact of war. C’est dommageable car il s’agit de prise de Séoul en 1950, il montre la tragédie qui touche les civils coréens et pas seulement les combattants. La photographie ci-dessus a une force incroyable du fait de sa composition.

A column of American Marines marched down a canyon road dubbed “Nightmare Alley” during their retreat from Chosin Reservoir, Korea, 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine
Marines retreated from the Chosin Reservoir, Korea, 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine

Il y a dans la composition de cette image de David Douglas Duncan un peu de la grande vague de Kanagawa de Hokusai.

La forme de la crête du ravin dans laquelle progresse la colonne de soldats, et qui semble vouloir s’ébattre sur elle reprend l’allure générale de la vague d’Hokusai, la colonne de soldats elle même reprend la forme fuselée des frêles embarcations de l’oeuvre d’Hokusai. Je ne sais si c’est mon imagination qui me joue des tours, paréidolie quand tu nous tient, mais j’ai l’impression que la silhouette de la crête du ravin prend la forme d’une tête de lion, menaçant les hommes, comme la crête d’écume de la Grande vague de Kanagawa, avec ses tentacules prend la forme d’un monstre marin. Au loin, la forme rassurante du mont Fuji et remplacée d’une part les courbes harmonieuses qui s’enlacent tel le ying et le yang des deux collines de l’arrière plan, l’une claire et enneigée, l’autre sombre, couverte de végétation, on est proche d’un concept d’harmonie chaotique, et d’autre part, par des silhouettes qui émergent sur l’horizon du sommet de la colline la plus éloignée, s’agit il seulement de végétation, de soldats amis couvrant la retraite de cette colonne ou de l’armée ennemie s’apprêtant a lancer un attaque, …

A dazed, hooded Marine clutched a can of food during his outfit’s retreat from the Chosin Reservoir during the Korean War, December 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine

La photographie de ce soldat pétrifié par froid glacial lors de la retraite de la bataille du réservoir de Chosin est l’une des image iconique de l’oeuvre de David Douglas Duncan et de la photographie de guerre du XXème siècle.

A mon avis il est intéressant de noter que l’une des photographie de Han YoungSoo semble être un écho à cette image iconique du conflit.

An American Marine slept in his halted jeep while a puppy whined in his ear during the retreat from the Chosin Reservoir, December 1950.
David Douglas Duncan Life Magazine

Une composition classique avec une belle diagonale qui split le cadre en deux, entre zones sombres et claires, renforcée par la ligne que forme la laisse du chien et le fil électrique de la radio ou d’un équipement militaire.

« De ce point de vue, dans Korea: The impact of war (1951), les doutes sur l’envoi de soldats américains dans une bataille régionale lointaine sont reconnus (dans une juxtaposition prudente des photographies de David Douglas Duncan), uniquement, pour être ensuite neutralisés dans le cadre de l’exposition qui mettait l’accent sur des images sensationnalistes de la puissance militaire américaine. »

Christopher Phillips – The Judgment Seat of Photography, revue October, 1982

Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951
Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951
Exposition Korea – The impact of War, MOMA, 1951

Steinchen , revient dans son autobiographie, publiée en 1963, sur les trois expositions consacrées au combat qu’il a monté au MOMA; Road to Victory, Power in the Pacific et Korea : The Impact of war, dans ces termes.

« Même si j’avais présenté la guerre dans toute sa morosité dans les trois expositions, je n’avais pas accompli ma mission. Je n’avais pas incité les gens à entreprendre une action ouverte et unie contre la guerre elle-même … Qu’est-ce qui n’allait pas? J’en suis venu à la conclusion que je travaillais à partir d’une approche négative, qu’il fallait une déclaration positive sur ce qu’est une vie merveilleuse, à quel point les gens étaient merveilleux et, surtout, à quel point les gens se ressemblaient dans toutes les parties du monde. »

Edward STEINCHEN – A Life in Photography 1963

Cette vision positive et universelle de l’humanité, il va la mettre à l’oeuvre dans son exposition The Family of Man.

The family of man

Présentée comme « la plus grande exposition photographique de tous les temps », The Family of Man est conçue dans les années 50 par le photographe américain et directeur du département photographie du MoMa, Edward Steichen.

Elle est inaugurée le 24 janvier 1955, au MoMa et réunit 503 photographies de 273 photographes professionnels et amateurs, renommés ou inconnus, en provenance de 68 pays.

L’exposition parcourt ensuite le monde entier, s’arrêtant notamment en Allemagne dès 1955, en France, sous le titre « La Grande famille des hommes » au Musée d’art moderne de la ville de Paris ainsi qu’au Japon en 1956, mais aussi en Afrique du Sud, en Inde, au Mexique, Zimbabwe, en Australie, en Russie, … En l’espace d’une décennie elle est vue par plus de 9 millions de visiteurs.

The Family of Man brosse un portrait de l’humanité, insistant sur les différences entre les hommes mais aussi leur appartenance à une même communauté. Elle s’organise autour de 37 thèmes tels que l’amour, la foi en l’homme, la naissance, le travail, la famille, l’éducation, les enfants, la guerre et la paix. L’intention de Steichen était de montrer d’une part l’universalité de l’expérience humaine, mais aussi la formidable capacité de la photographie à rendre compte de cette expérience humaine universelle.

Dans le contexte de la guerre froide cette exposition été vraiment calibrée pour un pays comme la Corée.

En tant que défenseur de la photographie, Limb Eung-Sik a présenté l’exposition légendaire du MoMA de New York, «La famille de l’homme» au Musée national d’art moderne et contemporain (MMCA) de Séoul en 1957, qui a été reconnue comme la première grande exposition de photographie en Corée.

A mon sens tout le monde a senti que c’était la direction a prendre, que documenter la vie quotidienne, …

L’exposition du groupe Shinsunwhui Shinsunhoi au magasin Shinsegae de 1957

Cette étude vise à expliquer la relation entre les clubs de photographes amateurs des années 50 et 60 et le discours photographique. La culture de la photographie coréenne se développe avec différents clubs photo. Surtout les clubs des années 50-60 n’étaient pas seulement le sujet qui a produit lui-même le discours de cette période, mais les avant-gardes qui ont pratiqué ce discours à travers le travail photographique.
, fondée en 1956 par Yi Hyungnok et plusieurs photographes, revendiquait un réalisme photographique. Le réalisme qui recherche ce club amateur n’était pas différent de Senghwaljuoi (signifiant vie + isme) maintenu par Lim Eungshik, grand représentant d’un autre réalisme dans les années 1950. Ce réalisme était un discours principal dans les années 1950, distingué de ce que l’on appelle le «tableau de salon» à l’époque coloniale japonaise.
était un autre club photo amateur fondé par Yi Hyungnok, fondateur de Shinsunhoi, et plusieurs jeunes photographes. Ce club revendique un élément plastique dans le réalisme. Leur essai a introduit un nouveau discours sur la photo moderne dans la photographie coréenne des années 1960.
a succédé au Salon Ars en 1961 pour étendre une possibilité de photo plastique et de réalisme. Divers jeunes photographes de ce club ont tenu des réunions d’étude régulières sur la photo moderne et la théorie de l’art, ont montré des œuvres photographiques nouvelles et expérimentales.
Ces trois clubs photo amateurs sont importants car ils représentent le principal discours de la photographie coréenne dans les années 50-60. Du réalisme à la photo moderne, ils ont été sujet et objet de ce discours.

HCBC, c’est du Bibimbap

Wikipedia a la photo de bibimbap la meilleur de google image

Disclaimer | Très clairement cette partie de mon article fait écho à excellent article de Thomas Hammoudi « Pourquoi Henri Cartier-Bresson, c’est de la pizza »

Le Bibimbap c’est long à préparer, c’est servi dans un creuset en pierre chauffé à l’extrême longuement sur le feu pour tenir le plat au chaud durant la dégustation; c’est très beau quand il est servi, mais le meilleur moment c’est quand on rajoute la « Gochujang » (pâte de piment coréenne) et qu’on mélange.

C’est pour moi comme la photographie de HAN Youngsoo, il y a quelque chose de beau, venu des profondeur de la terre et maintenu au chaud dans le creuset d’une culture millénaire, avec du piquant, de l’appétit pour l’avenir, la modernité.

Etant nul en cuisine coréenne (Je me débrouille par contre pas trop mal en cuisine européenne), je laisse le soin à ma femme de nous régaler avec de merveilleux plats de la gastronomie coréenne, je ne vais pas vous donner une recette du bibimbap, mais plutôt une liste d’ingrédient.

Une certaine idée de la Corée,entre traditions et modernité

Les campagnes françaises connaissent une véritable révolution au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. D’un pays très rural, on passe à une France urbanisée et tertiarisée. Les photographes humaniste sont les témoins de ce bouleversement. Même s’ils concourent à forger une imagerie national par le recours à des stéréotypes de francité, la valeur documentaire de leurs photographies est forte, ne serait-ce que parce qu’elles sont révélatrices de l’imaginaire d’une époque.

Des hommes en blanc au hommes en noir

Youngsoo Han a eu droit de cité et livre des visions authentiques et rares de la Corée des années 1950 : des détails modestes du quotidien, la mobilité et l’errance des individus captées au fil des saisons.

Plus qu’un monde de traditions qui s’écroule, c’est la transformation de ce monde, son chemin vers la modernité, qui est le sujet de sa photographie.

Han Youngsoo – 서울 을지로 추정 Euljiro Seoul 1961
Han Youngsoo – 서울 Seoul, Korea 1956-1963
Han Youngsoo – 서울 Seoul, Korea 1956-1963
Séoul et la modernité, une constante depuis plus de soixante-dix ans

Changement d’enseigne

Un changement d’enseigne est un acte qui traduit la transformation d’une ville, d’un tissu urbain

J’ai eu la chance de photographier Séoul, il est encore possible de photographier quasiment les mêmes scènes que Han Youngsoo


Han Youngsoo – 서울 충무로 충무옥(현 진고개) Chungmu-ro Seoul 1956-1963
Seoul, Modern Times, p 120
JoCh & the Pictures, 2018

Je n’avais encore jamais la photographie de Han Youngsoo ci-dessous quand j’ai shooté cette image en 2018 à Séoul. Aujourd’hui, en les voyant à côté, même si je regrette un peu de ne pas avoir envoyé un cadrage plus frontal, je me dis quand même temps le fait que j’ai fais le choix de couper le bas de la scène, ce qui est un frustrant, m’a permis d’éliminé les voitures stationnées devant et donne un côté plus intemporel à la scène qui permet de bien faire coller les deux images.

Formes architecturales et modernité

Han Youngsoo – 서울 을지로1가 (구)반도호텔 Bando Hotel, Euljiro 1-ga, Seoul, Korea 1956-1963
JoCh & the Pictures, 2018

C’est shooté en 2018 exactement dans le même quartier de Euljiro. J’aime bien l’effet de miroir des perspectives entre les deux.

Réalisme de la vie et réalisme poétique

Rues sombres et mystérieuses, peuplées de silhouettes en contre-jour, effets de lumière sur les pavés humides, atmosphères pluvieuses, neigeuses ou brumeuses… Il s’agit pour les photographes humanistes de révéler la poésie cachée au cœur du réel le plus banal, de rendre sensible ce « merveilleux de la vie quotidienne » qu’évoque René Jacques, ou encore de retrouver le « fantastique social de la rue » cher à Pierre Mac Orlan. On est proche, ici du « réalisme poétique », caractéristique, selon Georges Sadoul, du cinéma français des années trentes (Carné, Renoir).

Les photographes humanistes ont pourtant entretenu un rapport souvent ambigu à leur esthétique. Ils entendaient privilégier le fond sur la forme, se placer en posture d’enregistrement du réel en refusant tout artifice technique et autres manipulation en laboratoire. Or la plupart d’entre eux possédaient une solide culture artistique ( André Garban, Henri Cartier Bresson, Pierre Jahan, Werner Bischof, Jacques Darche furent peintre, dessinateurs ou graphistes pour ne citer qu’eux). Leur cadrage, leur composition, leur travail sur la lumière sont toujours rigoureux et peu hasardeux.

La ville humide
Roland Barthes – Mythologies

Paris n’a pas été inondé

« Malgré les embarras ou les malheurs qu’elle a pu apporter à des milliers de français, l’inondation de Janvier 1955 a participé de la fête, plus que de la catastrophe. « 

Roland Barthes – Mythologies

Car l’arche est un mythe heureux : l’humanité y prend ses distances à l’égard des éléments, elle s’y concentre et y élabore la conscience nécessaire de ses pouvoirs, faisant sortir du malheur même l’évidence que le monde est maniable. »
La ville de glace et de neige
Une vision optimiste de l’homme
La place de femme

Le monde des enfants

La ville de beauté

La ville inconnue, le mystère

Conclusion

 HCBC un HCB pas sacralisé

En écho à l’article de Thomas Hammoudi, Pourquoi Henri Cartier Bresson c’est de la Pizza.

Oublié durant très de 40 ans, à la différence de HCB, Han Young Soo n’a pas été sacralisé et idéalisé, on pas écrit un max de connerie (merde peut être que je suis en train de le faire)

Colde, aux oreilles | La bande originale de l’article

Pendant l’écriture de cet article, j’ai écouté le hip hop incisif, mélangeant beats puissants et mélodies plus soul du jeune rappeur coréen Colde.

Colde, l’un des auteurs compositeurs interprètes hip hop et R&B les plus talentueux de la scène actuelle coréenne. Chanteur du duo OFFONOFF avant de se concentrer sur sa carrière solo, il a longtemps uni sa voix douce et suave, son phrasé puissant, ses talents de compositeur aux productions d’artistes reconnus du monde du hip-hop coréen, comme Tablo (Epik High), Crush, Loco et Code Kunst, il en ressort notamment le magnifique titre rain bird de Code Kunst (feat Tablo & Colde). Ou le titre un peu à part mais vraiment trop cute, Your dog loves you (feat. Crush)

Il s’est d’ailleurs fait suffisamment remarquer pour avoir l’honneur de présenter son titre Shhh sur l’ultra chic chaîne Youtube A Colors Show et son titre Loss sur la chaîne SM Station 3

Du duo OFFONOFF on retiendra un titre phare Cigarette (Feat. Tablo & Miso), la belle ballade Moon, 12 :04am, le sexy Good2me (feat. Punchnello), et surtout quand on aime la photographie le génial Photograph et son clip qui est juste un pur bonbon qui nous donne envie de déclencher en permanence.

Sa musique propose une balade souvent mélancolique dans la Corée d’aujourd’hui, comme sur son deuxième album Love part 1 (2019), ou son sublime Don’t leave me, my love, avec son texte ultra poétique et un clip dans la même ligne d’ambiance et de colorimétrie que celui de Photograph qui démontre une nouvelle fois la sensibilité de Colde pour la photographie; le tout doux Loss et encore sur le génial Love is a flower, I fxxking love you ;  proposant également des parenthèses plus ensoleillées comme avec son dernier titre en date Control me, annonciateur d’un déjà troisième album ou sa collab avec Dean  sur le titre Sun flower.

Mais Colde c’est aussi des titres au phrasé tranchant dans la pure tradition hip hop séoulite comme son Yayaya (feat. Omega Sapien) et son Shh dans A Color Show comme le Love de Dean ou encore sa dernière collab en date avec le rappeur Khakki sur le titre Bass (butterfly effect). Dernier aspect de la personnalité musicale de Colde, le côté planant aux accents électro de son album Wave (2018) avec les titres String (feat. Sun Woo Jung Ah), Space.

Depuis sa monumentale reprise du D.N.A de la sombre bousasse qu’est BTS (le plus gros groupe de Kpop ever !!!), même les fans français de Kpop, souvent étudiants en LEA anglais coréen et aux cheveux peinturlurés en couleurs arc-en-ciel, se sont mis à écouter du hip hop coréen. Il ne faut jamais perdre espoir !

Un avis sur « HAN Youngsoo, HCBC »

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